Usages et précautions en thérapie
Même si le mode d’emploi est simple sur le papier, des précautions sont à prendre. Certaines personnes réagissent violemment aux exercices. « On appelle cela un retour de flammes. Toutes les souffrances enfouies pendant des années ressurgissent en même temps, parfois à cause d’un simple geste. »
Conseils pour une intégration sécurisée
- Le conseil de base : débuter doucement, guetter ses réponses, lui faire comprendre qu’une réaction, même violente, n’est pas dangereuse.
- Tester sa sensibilité aux gestes, aux mots, aux images. « On leur demande de mettre la main sur le cœur et de s’observer. Le corps se relâche-t-il ? Des souvenirs remontent-ils ? On leur demande de repérer leur voix critique puis de la transformer, petit à petit, en une voix bienveillante. »
Le thérapeute doit utiliser l’autocompassion pour lui-même
C'est un prérequis essentiel, notamment à cause de certaines émotions, comme la honte, ardues à nommer, à accueillir et à accepter, qui créent des biais lorsqu’un psychologue se sent démuni face au mal-être de ses patients.
« Si [le thérapeute] ne sait pas réagir aux souffrances de l’autre, s’il ne sait pas ce qu’il fait et s’il n’a pas confiance en la possibilité d’une évolution chez son patient – en bref, s’il ne sait pas se gérer lui-même -, il y aura un blocage. »
Depuis le premier article scientifique sur l’autocompassion, paru en 2003, plus de 3 000 études ont montré un lien entre la bienveillance à l’égard de soi-même et la santé mentale.[4]
| Inken Dechow, co-fondatrice du programme Mindful Self-Compassion, vous en dit plus sur l'autocompassion pour les professionnels pour faire face à la fatigue empathique dans cet article vidéo. |
Un outil adapté à toutes les thérapies
De plus en plus, l’autocompassion devient la base de chacune des thérapies.
- En TCC ou TIP, par exemple, elle est un levier lorsque la personne a du mal avec ses exercices.
- Lors d’une thérapie d’EMDR, elle permet de mieux gérer la réminiscence des traumatismes.
L’objectif de la MSC, à terme, est de rendre les patients autonomes.
« Certains comprennent très vite le principe et l’utilisent au bout d’une ou deux séances. Pour d’autres, c’est beaucoup plus long. » - Martine Vaillancourt
C’est pourquoi il est très utile pour les patients de pouvoir bénéficier d’un support pour les aider à poursuivre leurs efforts entre deux consultations. Ceux-ci peuvent d’ailleurs, s’ils le souhaitent, s’appuyer sur le cahier d’accompagnement, également conceptualisé par Christopher Germer et Kristin Neff. Les explications, exercices et pratiques (formelles et informelles) qui le composent aideront le patient ou toute personne qui en éprouve le besoin à avancer petit à petit sur le chemin de l’autocompassion et de l’amour de soi.
Les trois approches proposées dans l’audio disponible ci-dessus peuvent être pratiquées séparément ou ensemble pour trouver leur meilleure application dans votre vie quotidienne et vous apporter ce dont vous avez le plus besoin en ce moment. À vous de jouer !
En conclusion, l’écoute et l’observation attentives des réactions du patient, afin d’ajuster l’approche thérapeutique, sont les éléments essentiels d’un accompagnement réussi et surtout, sécurisé.
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