Tout diagnostic psychologique commence par l’évaluation du patient, à grands renforts de tests normalisés – depuis les tests de mémoire en neuropsychologie adulte jusqu’à la WISC-IV et autres TEA-Ch avec les enfants.
Cela a le mérite d’objectiver les troubles et les particularités que présentent les patients, et cette étape est cruciale, néanmoins elle pourrait avoir tendance à cacher derrière un écran statistique la personne, l’individu que l’on reçoit pour l’aider.
Pourtant, l’environnement du patient compte autant que ses résultats aux tests : c’est cet environnement que l’approche intégrative place au centre de la prise en soin.
🧠 Une approche originale
Relativement récente, l’approche intégrative évolue à l’instar de toute la science psychologique et intègre de nouveaux concepts ou outils au fur et à mesure de son développement.
Elle s’inscrit dans une perspective multidimensionnelle, tient compte des aspects biologiques, psychologiques, sociaux et environnementaux du patient, autant de facteurs qui influent sur son fonctionnement cérébral et son comportement… et donc sur la prise en soins par le psychologue clinicien.
En neuropsychologie, la pratique intégrative amène le clinicien à comprendre et à intervenir auprès des individus souffrant de pathologies cérébrales, troubles neurologiques, psychiatriques (de la pédiatrie à la gériatrie, en passant par les troubles acquis, développementaux et dégénératifs).
🧑⚕️ D’où vient-elle ?
Rendons à César ce qui appartient à César : le premier modèle biopsychosocial, ou approche biopsychosociale, a été développé non pas pour la psychologie, mais en médecine (Engel, 1980 ; Bolton, 2020). Il s’agit d’une approche théorique et pratique, qui veut prendre en compte les différents facteurs pour diagnostiquer et traiter les patients.
Contrairement à une approche exclusivement biomédicale qui se concentre uniquement sur les aspects physiologiques et organiques des maladies (une lésion, un trouble), l’approche biopsychosociale reconnaît l’importance :
- des facteurs psychologiques comme le stress, les émotions, les croyances et les attitudes,
- des facteurs sociaux tels que la culture, le soutien social, l’environnement familial et les conditions socio-économiques dans le processus de santé et de maladie.
Cette approche ne rejette pas les modèles biomédicaux ou psychologiques, mais elle les intègre dans une compréhension plus large et plus complexe des maladies. Elle reconnaît que chaque patient est unique et que ses symptômes peuvent être influencés par une combinaison de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux – en un mot, il s’agit d’une approche holistique.
En conséquence, elle encourage une approche de soins de santé plus personnalisée et adaptée à chaque individu, en tenant compte de tous ces aspects dans le diagnostic, le traitement et la prise en soins des patients.